Concert le 17 mars

Barouf est en concert à la salle des fêtes de Saint-Laurent-en-Royans le 17 mars à 20 heures . On a plein de nouvelles compositions à vous faire partager.
En plus, on partage la scène avec nos copains de “On s’serre les coudes ! ”

Les textes de Barouf

Ils sont blues, souvent rock, parfois poétiques. Mais ils sont avant tout d’aujourd’hui, et d’ici.  Enfin d’ici et de là-bas, de là où on chante.  Ils abordent le monde qui nous entoure, les choses qui nous touchent ; ils passent à la bétonnière du Blues les basiques notre vie sociale et intérieure.

Un exemple : pour Barouf, l’homme qui va voir une femme mariée la nuit est un Passe-Muraille. Le voici :

Quand tout un chacun essaie de dormir
J'suis là j'arpente, je rôde à minuit.
J'm'apprête à sévir.
Au p'tit matin, les chiens aboient
Fini l'Amour
Les oiseaux chantent en retour
"Casse-toi mon gars".
C'est moi, le Passe-Muraille,
C'est moi, le Passe-Muraille.
Quand les maris baillent
Leurs jolies femmes m'ouvrent leurs bras.

Celui qui passe de l’état d’enfant à celui d’adulte, qui trouve sa voie, capable de recracher sa propre synthèse de tout ce qu’il a emmagasiné au cours de ses jeunes années est un Caïman.

Des écailles cendres noires
Des lunettes en diamant
Des yeux d’argent pour voir
Le crépuscule ardent 
Une queue pour battre le temps
Une gueule pour hurler son chant
Son oeuf est tout craquelant
Il va sortir, gluant, 
Et c'est maintenant... l'avènement... du Caïman!

Par contre, celui qui se sent différent, en marge, et dont personne ne veut, est une Hyène !

J’déborde du cadre comme un fleuve en crue
J’me rue vers l’Ouest quand l’ordre est au Sud
J’déserte la case où mes congénères
S’amassent et se prélassent,

Moi j’déborde, j’suis pas conforme
Je pue la horde de hyènes sauvages
J’défonce le cadre de ma cage
J’défonce le cadre de ma cage

Ça, c’est qui on est. Et puis il y a ce qu’on fait. Une personne folle de désir pour une autre n’ira pas, chez Barouf, par quatre chemins. Elle lui demandera : Surtout, fais de moi ton chien.

Demande-moi de perdre mes yeux
Promets-moi de corser le jeu
Je suis prêt à sentir ta main
A troquer ton corps contre le mien.
Surtout, surtout, surtout, fais de moi ton chien.
Surtout, surtout, surtout, fais de moi ton chien.

Par contre, l’homme de Barouf est moderne. Fou de désir pour une femme, il cherchera jusqu’à l’obsession à satisfaire son désir à elle, changeant ainsi de cap par rapport aux vieux Bluesmen qui voulaient avant tout satisfaire leur désir à eux. Il suppliera : Je te satisferai

Compte pas sur moi pour aller voir ta mère
J's'rai pas là pour sauver tes galères
Tu m'auras pas comme colocataire
Mais c'est moi qui t'enverrai en l'air ! 
T'as qu'à voir comme les gouttes
Perlent sur mon front
T'as qu'à voir comme ton regard 
Me met le frisson
T'as qu'à voir comme j'demande qu'à passer à l'action
Pour m'laisser déclencher ta... Satisfaction !

Cette radicalité, il n’y a pas que le fou de désir qui l’investit. Pour Barouf, l’amoureux fou est tout aussi extrême. Il voit sa Belle capable, tant elle brille, de rendre  Sa jambe à l’infirme :

J’peux t’jurer qu'elle est sublime
Alors médite bien cette maxime
J’peux t’jurer qu'elle est sublime
Alors médite bien cette maxime
Quand elle vient, tout tombe au fond d' l’abîme ;
Elle redonne sa jambe à l'infirme

Dans le monde de Barouf, tous les états d’âmes s’aggravent et se décuplent, s’exagèrent. C’est le Blues qui s’empare des sentiments. Quand on quitte celle qu’on aimait, on a des Errances à l’esprit. Si celle qu’on aime part et ne nous revient pas, on se dit sans hésiter

Ma Folle à moi... Tu me pousses à bout
J't'ai cherchée partout, la nuit le jour
Ma folle à moi, à me rendre fou.
Ma folle à moi, tu me pousses à bout.

Si elle déprime sans dormir à nos côtés dans le lit, on lui dit en silence :

Tu m'fais souci comme tu t'enfuis
Ton regard pris à sa rêverie... 
Tu m'envahis de nostalgie
Et je m'dis qu'c'est moi qui t'fais souci

Et alors, on piétine, immobile, dans sa petite vie, on se dit sans détour :

Je partirai vers des pays
Où passent des trains inouïs
Conduits par des cochers exquis
Au ventre doux et rebondis
Où les passagers sont assis
Sur des baleines étourdies
Et où les passagères se grisent
Avec du nectar de cerise.

Et c’est ainsi qu’il en va dans tous les domaines. Malade, l’homme de Barouf envisage une bataille rangée avec flics et soldats ; il gueule : “Sus aux Virus !”. Délaissé par son meilleur ami, il lui dit en tout simplicité : “Tu m’as Déchu“. Au fond du trou, il se rebelle et se met la tête à l’envers : “C’matin j’ai la gueule cramée, et j’vais squatter les latrines, mais j’regrette pas d’m’être allumé… J’ai mis ma Déprime en sourdine !” Et tutti quanti…

Enregistrement studio Fair’Ailleurs

Magique séance d’enregistrement au Fair’Ailleurs, St Roman(38).
Grand merci pour l’accueil : super pro ET super sympa!!

Merci Olivier pour les photos.